mercredi 10 octobre 2012

Tenue et financement des élections locales

PNUD, ONUCI et CEI accordent leurs violons

Les élections législatives partielles sont prévues pour le 03 février 2013. Trois semaines après, les électeurs se rendront dans les urnes pour choisir leurs Conseillers Municipaux et Régionaux. A quelques semaines de ces dates, la Commission Electorale Indépendante a décidé de multiplier ses rencontres avec ses partenaires techniques et financiers dans le seul objectif d’assurer le succès de ces échéances attendues de tous. C’est dans ce cadre qu’une délégation du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l’ONUCI a eu le mardi 9 octobre 2012 une séance de travail avec la CEI à son siège.

Conduite par Mme Priya Gajraj, la délégation a dit être venue s’informer sur l’état d’avancement des préparatifs des élections législatives partielles et locales annoncées pour Février 2013. Le Président de la CEI, Youssouf Bakayoko s’est dit heureux de l’intérêt que le système des nations unies accorde à la CEI.

Selon lui, la CEI est actuellement engagée sur tous les fronts pour faire de ces élections un succès. Le Président de la CEI a souhaité le concours financier et logistique du système des Nations Unies. Cet appui, à en croire ses propos, viendra renforcer celui du gouvernement ivoirien. Face à cette doléance de la CEI, la délégation du PNUD a promis examiner dans les plus brefs délais ces questions.

Parlant du mode opératoire des élections locales, Bakayoko expliquera à ses hôtes que son institution a retenu les points suivants: reconduction des lieux et bureaux de vote ayant servi pour le scrutin présidentiel et les scrutins législatifs ; mise en place de deux urnes et de deux listes d’émargement distinctives dans chaque bureau de vote ; une de chaque par type d’élection (Conseillers Régionaux et Conseillers Municipaux) et renforcement des équipes d’agents électoraux (5 au lieu de 3) par bureau de vote ; différenciation marquée des bulletins de vote ; celui destiné au vote des Conseillers Municipaux étant totalement différent de celui servant au vote des Conseillers Régionaux ; collecte et traitement différenciés des résultats des deux scrutins ; proclamation dans chaque bureau de vote des résultats des deux scrutins, l’un après l’autre.

Toutes ces mesures, a poursuivi le Président de la CEI feront l’objet d’une vaste campagne de formation, de sensibilisation et de communication au profit des électeurs et des candidats. Et tous les canaux seront mis à contribution à commencer par les chefs traditionnels, les guides religieux, les organisations de la société civile, le corps préfectoral et la presse. Sur ce point d’ailleurs, le Président de la Commission Electorale Indépendante en a profité une fois de plus pour solliciter l’appui et le soutien des nations unies pour une sensibilisation réussie car, a-t-il expliqué, c’est pour la première fois que la Côte d’Ivoire organise des élections couplées et les populations auront besoin d’être formées pour éviter les bulletins nuls. « Une sensibilisation réussie est synonyme d’un fort taux de participation » a-t-il conclu.

Source : Service de Communication CEI
     

      

Accusé d’être en contact avec des Islamistes



 Blé Goudé: c’est un rapport mensonger
Charles Blé Goudé, leader du mouvement des patriotes proches de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a qualifié mardi de "mensonger" et "ridicule" un rapport confidentiel de l’ONU, l’accusant avec d’autres caciques de l'ex-pouvoir d’avoir sollicité l’appui des islamistes maliens Ansar Dine pour déstabiliser leur pays.
"C'est un rapport aussi léger que mensonger et ridicule. Je ne suis pas un chef rebelle, je ne suis pas un chef de gang et je ne suis lié ni de près ni de loin à des actions de déstabilisation", a déclaré mardi M. Blé Goudé, sur Radio France Internationale (Rfi).
 "Je ne sais pas à quoi rime tout cela mais ce que je sais c’est que l’on cherche de faux fuyant pour ne pas s’attaquer aux vrais problèmes de la Côte d’Ivoire", a-t-il ajouté.
 Le rapport dévoilé depuis samedi mettait également en accusation l’ancien directeur général du Port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio en exil au Maroc, Damana Pickass, président de la Coalition des patriotes ivoiriens en exil (Copie) au Ghana, la seconde épouse de M. Gbagbo, Nady Bamba, et Justin Katinan Koné, son porte-parole mis aux arrêts à Accra dans une affaire de crime de sang commis depuis mars 2011 à Abidjan.
 Ces personnalités de l’ancien pouvoir ont noué des contacts aussi avec l’ex-junte malienne de Mamadou Sanogo et avec Ansar Dine pour renverser le président Alassane Ouattara, d'après le même rapport.
 "Selon les informations des experts des Nations unies, fin juin 2012 s'est tenue, dans un camp militaire de Bamako, une réunion entre cinq membres de la junte malienne -dont le capitaine Sanogo- et deux envoyés de Damana Pickass - un leader de la galaxie patriotique ivoirienne aujourd'hui réfugié au Ghana", a rapporté Rfi.
 "Durant cette rencontre, les militaires maliens auraient souligné à leurs deux visiteurs -le lieutenant Diby, plus connu sous le nom de «Sandokan», et un certain Monsieur Fofana- leur intérêt à soutenir des opérations de déstabilisation qui compromettraient les efforts de la Cédéao" et de son président, M. Ouattara, selon la même source.
 "Ces deux Ivoiriens ont, selon les enquêteurs de l'ONU, rencontré un représentant des islamistes d'Ansar Dine à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal", selon Rfi.
 Interrogés, MM. Gossio et Pickass ont également rejeté les accusations.
 D’août à septembre, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci, Armée) ont essayé une quinzaine d’attaques, qui ont fait plus de 15 militaires tués.
Source : Alerte info

lundi 8 octobre 2012

Crise-post électorale



Un ex-homme fort de Gbagbo se défend au premier procès de la crise ivoirienne

Un ex-homme fort du régime de l`ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le général Brunot Dogbo Blé, a nié lundi toute responsabilité dans l`assassinat d`un officier à la retraite lors du premier grand procès de la crise post-électorale de 2010-2011.

C`est "un montage honteux", a lancé l`ancien chef de la Garde républicaine, affirmant devant le tribunal militaire à Abidjan n`avoir "pas donné d`ordre à qui que ce soit" pour tuer le colonel-major Adama Dosso en mars 2011.

Le général Dogbo Blé, un autre officier et trois sous-officiers de sa garde rapprochée, en tenue civile, comparaissent depuis le 2 octobre pour enlèvement, séquestration, assassinat, ou complicité d`enlèvement et d`assassinat du colonel-major Dosso. Deux autres inculpés sont en fuite.

Le sergent Jean Noël Lago Léo a de nouveau avoué avoir tué la victime et assuré que l`ordre lui avait été donné, au nom du chef de la Garde républicaine, par le directeur de cabinet du général Dogbo Blé, également poursuivi.

Le général Dogbo Blé, qui fut l`un des piliers du système sécuritaire de M. Gbagbo, a défendu son "travail" durant la crise de 2010-2011, expliqué avoir défendu le régime et ne pas avoir "trahi", et s`est dit "en paix" avec lui-même "et avec Dieu".

Le colonel-major Adama Dosso avait été arrêté alors qu`il sortait du Golf Hôtel d`Abidjan, quartier général du président élu Alassane Ouattara - dont il était proche - durant son bras-de-fer avec le chef de l`Etat sortant Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. La crise, conclue en avril 2011, a fait quelque 3.000 morts.

Au total, une quarantaine de militaires pro-Gbagbo doivent être jugés dans une série de procès liés à ces événements. Le général Dogbo Blé est inculpé de génocide et d`autres crimes commis durant la crise.

Ce premier grand procès survient dans un climat de tension inédit depuis la fin de la crise, après une vague d`attaques meurtrières contre l`armée depuis août. Imputées par le pouvoir à des partisans de l`ex-président, ce que le camp Gbagbo récuse, elles ont été suivies d`arrestations de figures de l`opposition.

Soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d`être "coauteur indirect" de crimes contre l`humanité, Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 à Abidjan, est détenu depuis fin 2011 à La Haye.
Source Afp

Procès des militaires pro-Gbagbo: le général Brunot Dogbo Blé attendu à la barre

Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire escorté par des gendarmes. Abidjan, le 2 octobre 2012.Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire escorté par des gendarmes. Abidjan, le 2 octobre 2012.
 
Quatrième jour, ce lundi 8 octobre, du premier procès lié à la crise post-électorale de 2010-2011, et un temps fort avec l'audition de l’ex-commandant de la 
Garde républicaine, le général Brunot Dogbo Blé, l’un des piliers sécuritaires de l'ancien régime. Il fait partie des cinq accusés présents dans le box, cinq militaires pro-Gbagbo jugés pour l’enlèvement et l’assassinat du colonel à la retraite Adama Dosso, le 12 mars 2011, un mois avant l’arrestation de l’ex-président Laurent Gbagbo.

Parmi les quatre prévenus déjà interrogés, un seul a été constant dans ses déclarations, celui qui a avoué avoir tiré sur le colonel Adama Dosso. Le sergent-chef Jean-Noël Lagaud Léo a aussi réaffirmé ce qu’il avait dit lors de l’instruction : que l’ordre d’assassiner l’officier à la retraite lui avait été donné par le commandant Yagba Kipré, directeur de cabinet du général Brunot Dogbo Blé.
Jeudi à la barre, l’officier Yagba Kipré a nié toute responsabilité. Il s’est parfois embrouillé, mais il a affirmé qu’il n’avait eu aucun contact avec son supérieur le jour de l’assassinat du colonel Dosso.
Très attendue, l’audition du général Brunot Dogbo Blé risque d’avoir le même ton. C’est ce que laisse entendre son avocat, Mathurin Djirabou. « Le général a toujours été constant depuis l’enquête préliminaire jusque-là. Vous verrez qu’à la barre, il dira ce qu’il sait. Et vous avez déjà un avant-goût : le commandant à qui on a dit qu’il [le général Dogbo Blé] a donné des instructions, ce commandant a dit "je n’ai jamais reçu d’instruction de la part du général". »
L’interrogatoire du général Brunot Dogbo Blé va être très serré. Dès le début du procès, le parquet et le tribunal militaire vont chercher à déterminer si les quatre sous-officiers qui ont conduit le colonel Dosso hors d’Abidjan pour le tuer, l’ont fait de leur propre initiative ou si quelqu’un leur a demandé de le faire. Trois prévenus présents dans le box ont laissé entendre que l’ordre est venu de l’ex-chef de la Garde républicaine.

Source Rfi

dimanche 7 octobre 2012

Déstabilisation




 un rapport de l’ONU riche en révélations






Information exclusive : RFI a pu se procurer un rapport confidentiel du groupe d'experts des Nations unies sur la Côte d'Ivoire. Celui-ci doit être débattu, dans les prochains jours, au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce rapport intermédiaire de 26 pages est explosif tant il paraît accablant pour les leaders pro-Gbagbo en exil en Afrique de l'Ouest.




Les enquêteurs des Nations unies ne dédouanent pas les autorités ivoiriennes de certaines violations de l'embargo comme, par exemple, des munitions vendues au Burkina Faso et qui avaient pour destination finale la Côte d'Ivoire. Abidjan a aussi importé des équipements radio, des couteaux de combat et des uniformes, sans avertir le comité de sanctions.

Le rapport dénonce un complot de la part des pro-Gbagbo

Cependant, c'est surtout pour les leaders pro-Gbagbo, en exil en Afrique de l'Ouest, que ce rapport est accablant. Ceux-ci clament régulièrement que la lutte armée ne fait pas partie de leur philosophie et pourtant, d'après les cinq experts de l'ONU, plusieurs dignitaires de l'ancien régime continuent d'organiser la déstabilisation de la Côte d'Ivoire.
Ainsi, on peut lire dans ce document que, le 12 juillet dernier, une réunion s'est tenue à Takoradi, au Ghana, où trois groupes d'exilés -composés, chacun, de militaires et de civils- ont décidé d'unir leur force et de définir ensemble une stratégie pour reprendre le pouvoir à Abidjan. Ainsi (sans que cela soit exhaustif), l'ex-directeur du port d'Abidjan, Marcel Gossio, le pasteur Moïse Koré, Charles Blé Goudé, Justin Koné Katinan ou encore la seconde épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba, soutiendraient politiquement et financièrement les opérations armées menées depuis le Ghana et le Liberia.

Des rapprochements inattendus

Plus étonnant encore, toujours selon ce rapport, une connexion a été établie ces derniers mois entre ces exilés ivoiriens et la junte malienne, mais aussi avec les jihadistes d'Ansar Dine. L'objectif des militaires et des islamistes maliens étant de compromettre, à tout prix, les actions de la Cédéao et de son président en exercice, afin de destabiliser le Mali.
Un ennemi commun peut susciter des rapprochements inattendus : voilà l'une des observations que l'on peut tirer de la lecture de ce rapport. Selon les informations des experts des Nations unies, fin juin 2012 s'est tenue, dans un camp militaire de Bamako, une réunion entre cinq membres de la junte malienne -dont le capitaine Sanogo- et deux envoyés de Damana Pickass - un leader de la galaxie patriotique ivoirienne aujourd'hui réfugié au Ghana.
Durant cette rencontre, les militaires maliens auraient souligné à leurs deux visiteurs -le lieutenant Diby, plus connu sous le nom de « Sandokan », et un certain Monsieur Fofana- leur intérêt à soutenir des opérations de déstabilisation qui compromettraient les efforts de la Cédéao et de son président en exercice -en l'occurrence, le président ivoirien Alassane Ouattara.

Pro-Gbagbo, la junte malienne et Ansar Dine

Plus surprenant encore, ces deux Ivoiriens ont, selon les enquêteurs de l'ONU, rencontré un représentant des islamistes d'Ansar Dine à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Objet de la discussion : la mise en œuvre d'une possible coopération future -notamment via la mobilisation de mercenaires- en vue de menacer la paix et la sécurité dans la sous-région. A ce sujet, des SMS interceptés en août -trois jours après l'attaque du camp d'Akouedo- sont éloquents.
Un homme, qui a manifestement combattu pour l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara avant de rallier l'opposition armée, fait ici état d'un nouveau genre d'action militaire des forces islamiques et touaregs. Celui-ci évoque notamment une rencontre discrète entre un mystérieux colonel ivoirien et des jihadistes.

Source Rfi