jeudi 27 septembre 2012

Conseil des ministres.




   La Constitution sera révisée

Le Président de la République, SEM. Alassane Ouattara,  et les membres du gouvernement se sont retrouvés mercredi,  au Palais présidentiel.
Le Chef de l'Etat, Alassane Ouattara et l'équipe gouvernementale
‘’La Constitution de notre pays sera révisée pour permettre la ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale’’. C’est ce qu’a indiqué hier,  le porte-parole du gouvernement, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Bruno Koné. C’était au cours de son point- presse, à la salle mosaïque du Palais présidentiel. Selon lui, il s’agit de mettre ces deux textes en adéquation : ‘’ Il faut savoir que cela n’avait pas été fait jusqu’à maintenant ;  dans certaines de ses dispositions, le Statut n’était pas conforme à notre Constitution.’’ Cette révision va se faire conformément aux dispositions en vigueur,  notamment celles contenues dans l’article 126 qui indiquent que ‘’le projet ou la proposition de révision n’est pas présenté au référendum dans toutes les autres matières lorsque le Président de la République décide de le soumettre à l’Assemblée nationale. Dans ce cas, le projet ou la proposition de révision n’est adopté que s’il réunit la majorité des 4/5 des membres de l’Assemblée nationale effectivement en fonction.’’ Le texte en préparation sera soumis,  sous peu,  aux députés de la nouvelle législature. Après cette étape, le Président de la République procédera,  comme le stipule toujours l’article 126,  à promulgation de celui-ci. Le gouvernement ivoirien veut donc se mettre à la page d’un Etat moderne avec pour point d’ancrage, les principes de justice. Dans l’interview accordée au quotidien Fraternité Matin et à la Radiotélévision ivoirienne, en avril dernier,  le Président de la République campait déjà la situation d’équité entre les Ivoiriens. Parlant du transfèrement de l’ancien Chef d’Etat, Laurent Gbagbo,  à La Haye,  il avait déclaré : ‘’On nous accusait d’avoir une justice des vainqueurs. Alors maintenant qu’il y a le transfèrement à La Haye, il est clair que la justice ne peut pas être considérée comme étant partiale. Les gens devraient s’en réjouir. En plus de cela, pour montrer qu’elle est impartiale, nous avions demandé à la justice que la période d’examen soit seulement la période post-électorale. C’est-à-dire après le 28 novembre 2010. Mais la Cour pénale internationale a décidé que cette période s’étende jusqu’en 2002,  pour montrer l’impartialité de la Cour.’’  En ratifiant le traité de Rome, l’Etat ivoirien donne la possibilité à ceux qui le veulent de s’adresser à la juridiction internationale. Autres sujets abordés au cours de ce Conseil des ministres, le projet de loi abrogeant certaines dispositions du Code de la famille. ‘’ L’abrogation de ces dispositions permettra de créer plus d’égalité entre hommes et femmes (…) Ces dispositions sont : l’article 58 qui dit que le mari est le chef de la famille ; l’article 59 qui stipule que l’obligation des charges pèse,  à titre principal,  sur le mari ; l’article 60 qui veut que le choix de la résidence incombe au mari. Ces dispositions seront modifiées’’. Le Conseil des ministres a aussi validé les dates de la rentrée académique dans les universités publiques. Le 15 octobre, les étudiants reprendront le chemin des campus. Le 19 août, ils seront en vacances, pour reprendre le 14 octobre 2013. Le porte-parole du gouvernement a également annoncé la réussite de la première greffe de rein en Côte d’Ivoire et la création d’une nouvelle pharmacie de la santé publique. Le prochain Conseil des ministres aura lieu le mardi 2 octobre. 

ETIENNE ABOUA

mercredi 26 septembre 2012

Détenu au Ghana




                                                                                          Justin Koné Katinan libéré en sursis

Justin Koné Katinan en liberté provisoire
En attendant le 11 octobre, le porte-parole de l'ancien Président Laurent Gbagbo peut humer momentanément le vent frais de la liberté. Justin Koné Katinan, porte-parole de l’ancien Président Laurent Gbagbo, a été libéré hier sous caution. ‘’Il est très probable que la procédure d`extradition soit retardée. Par conséquent, je vais accorder à l`accusé la liberté sous caution’’, a indiqué le juge ghanéen, Aboagye Tandoh. Celle-ci a été fixée à 13 millions de francs Cfa. Selon ses avocats, son passeport reste entre les mains de la sécurité nationale ghanéenne. En outre, il est tenu de se signaler aux autorités compétentes toutes les deux semaines. Détenu depuis le 24 août au Ghana où il a trouvé refuge au lendemain de l’arrestation de Laurent Gbagbo par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, à l’issue de la crise post-électorale de 2010 (l’ancien Président avait refusé de céder le pouvoir qu’il a perdu dans les urnes, après le second tour de la présidentielle en novembre 2010), Justin Koné Katinan est visé par un mandat d’arrêt international, émis par les autorités ivoiriennes pour ‘’crimes économiques’’. Il serait l’un des artisans de la ‘’casse de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest’’. Le 26 janvier 2011, c’est lui qui s’est rendu à l’agence principale de institution bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine pour signifier la mesure de ‘’réquisition illégale’’ de cette  structure décentralisée. Selon le rapport de police, il est descendu dans le caveau de l’agence où se trouvent les numéraires. Il y avait en billets valeurs, 68.809.364.000Fcfa, en monnaie, 89 384 587Fcfa et des billets et monnaies neufs non émis, c’est-à-dire pas encore en circulation, d’un montant de 60.719.340.000Fcfa. En termes de devises étrangères, le caveau disposait de 892.540 euros et 10.000 livres sterling. Le rapport a signalé également qu’en plus de ces différentes sommes, il y avait des billets dits ‘’fatigués’’, évalués à 500 milliards, en instance de retrait de la circulation. Les autorités ivoiriennes qui espéraient son extradition pour qu’il réponde de ses actes devraient encore attendre. ‘’Il est très probable que la procédure d’extradition soit retardée’’, a déclaré le juge ghanéen. Une délégation ivoirienne composée de magistrats, d’agents et de responsables de la Direction de la surveillance du territoire (Dst) avait établi un quartier général à Accra, capitale du Ghana, pour suivre de près le dossier. Le 14 septembre, le juge Aboagye Tandoh avait reporté l’audience pour traduction tardive de la demande d’extradition des autorités ivoiriennes.
Réactions
Dans le camp du Front populaire ivoirien, on jubile. Selon Michel Amani N’Guessan, secrétaire général chargé de la défense, de ce parti, ‘’le droit a triomphé.’’ Il a salué l’Etat du Ghana qui vient, dit-il, de démontrer l’indépendance de sa justice : ‘’Nous avons un pays comme le Ghana qui fait la fierté de l’Afrique. C’est un pays démocratique’’. Et d’ajouter : ‘’Si le droit est dit partout, tous les militants du Fpi retrouveront bientôt la liberté, y compris Laurent Gbagbo’’. Pour Joseph Odjé Tiakoré, porte-parole du Rassemblement des républicains, il faut faire confiance à la justice ghanéenne qui a ‘’apprécié à partir d’un certain nombre de faits. Mais le peuple de Côte d’Ivoire attend que justice soit rendue. Parce que tous ceux qui ont commis des crimes économiques ou contre l’humanité doivent être punis. Et nous pensons qu’à la fin du processus enclenché tous ces acteurs de l’ancien régime, à commencer par Justin Koné Katinan qui a dérobé des milliards, viendront rendre compte. C’est avec beaucoup de sérénité que nous attendons la fin de ce processus.’’ 
La question de l’extradition
Parlant de la mesure d’extradition, l’ancien ministre de la défense de Laurent Gbagbo, Michel Amani N’Guessan  a rejoint les avocats de Justin Koné Katinan qui affirment qu’il ‘’ne peut être extradé vers la Côte d’Ivoire car il bénéficie du statut de réfugié au Ghana’’. Pour lui, on s’achemine ‘’vers la libération pure et simple de Justin Koné Katinan’’. Sans entrer dans les grandes théories juridiques, Me Mathurin Djirabou, avocat de plusieurs barons du Fpi, a dit le contraire : ‘’L’affaire n’est pas encore tranchée. La liberté provisoire ne signifie pas que tu que tu es innocent’’. Il va falloir attendre le 11 octobre prochain pour connaître peut-être l’épilogue de cette affaire.     
 
 ETIENNE ABOUA





lundi 24 septembre 2012

Menaces



Frontière du Liberia des « mouvements étranges » signalés
Le correspondant du Daily Observer dans le Comté de Nimba rapporte ce lundi des propos tenus par des habitants des villes et villages proches de la frontière avec la Côte d’Ivoire, informant de « mouvements étranges » à des points d’entrée entre les deux pays.

Miliciens

Parmi les postes-frontières cités, se trouve Butuo, le point d’entrée utilisé en 1990 par des combattants du NPFL de Charles Taylor pour envahir le Libéria, dirigé à l’époque par Samuel Doe.
Les habitants interrogés par le Dayly Observer indiquent que cette situation crée un sentiment croissant d’insécurité et de peur. Selon ceux-ci, plusieurs motos sont vues et entendues presque chaque nuit autour des frontières. Ces citoyens sous couvert de l’anonymat, déclarent que les mouvements de motos pendant les nuits finissent par devenir «très alarmants».
Ces « mouvements étranges », sont « comparables à ceux précédents les insurrections dans le passé, qui se sont succédées au Libéria à travers la frontière poreuse de Boutuo. Chaque nuit, nous voyons ou entendons les sons d’une dizaine de motos circulant de Behwalay vers Teahpaly, mais nous ne savons pas ce que ces usagers recherchent », a déclaré un résident. « Nous avons peur parce qu’il n’y a pas d’agents de sécurité affectés dans la plupart de nos régions. Nous voulons que le gouvernement envoie des soldats nous protéger. Le nombre très peu élevé de soldats présents dans la région n’est pas rassurant. »
Des miliciens pro-Gbagbo en formation
Toujours selon le Daily Observer « Il est largement répandu dans la région qu’il ya des dissidents ivoiriens encore hébergés dans les forêts autour de cette frontière, avec comme possible intention de se regrouper afin de lancer des attaques contre le gouvernement ivoirien actuel. Les deux tentatives précédentes du côté de Grand Gedeh pour prendre la ville clé de Toulépleu dans l’Ouest ivoirien ont échoué. Ces mêmes milices ont attaqué plus tard, la caserne militaire de Pehekan à la frontière Bhai Jozohn non loin de Grand Gedeh. Certains miliciens, poursuit le confrère libérien, ont fait demi-tour au Liberia sous la pression des forces gouvernementales de Côte-d’Ivoire et du Libéria. Pris en embuscade, des miliciens ont été arrêtés par des agents de sécurité libériens. »
Le correspondant du Daily Observer finit par être rassurant en évoquant les vols de reconnaissance réguliers des hélicoptères de l’ONUCI dans la région frontalière du Nimba.

Trafiquants 

Selon des informations de connectionvoirienne.net recueillies auprès des autorités militaires libériennes, il se pourrait tout aussi bien que ces aller-retour nocturnes de motos dans la région du Nimba soient le fait de vulgaires trafiquants de diamants ou d’or, d’intermédiaires ou d ‘acheteurs. Selon notre interlocuteur, les miliciens anti-Ouattara seraient plutôt concentrés un peu plus au sud dans le Grand Gedeh jusqu’à l’Océan atlantique, le long du fleuve Cavally. « Parmi les trafiquants dans l’ouest de votre pays, qui agissent le plus souvent pour le compte des chefs militaires ou politiques dans la région, se trouvent de nombreux Burkinabés, mais aussi des Ivoiriens, des Libériens, des Guinéens, des aventuriers de tous acabits » a conclu cet officier de l’armée libérienne joint à Gbarnga, capitale du Nimba, majoritairement peuplée de Gio (Dan) du Liberia.

Connectionivoirienne.net

dimanche 23 septembre 2012

Pdci-Rda.




                                                                                           Malaise ou crise profonde ? 
Djédjé Mady et Henri Konan Bédié: crise de confiance?


 

Les démons de la division sont-ils de retour ? Quelques semaines après la réunion du Bureau politique du 02 juin dernier qui avait aplani les divergences de vues, le plus vieux parti de Côte d’Ivoire est atteint d’un nouveau prurit.
 
                                                                                   

Poussée de fièvre ou mal profond ? Le Pdci-Rda offre, depuis quelque temps, l’image d’une formation politique au bord de l’implosion. La guerre à fleuret moucheté que se livrent certains cadres de ce parti sur l’organisation du congrès semble n’avoir pas été résolu à la réunion du Bureau politique du 02 juin dernier.  Et pourtant, tout semblait avoir été clarifié à cette rencontre : ‘’ Au terme de ses travaux, le Bureau politique souhaite l’appropriation du présent rapport par le prochain Congrès dont la convocation est devenue une nécessité et devrait se faire dans les meilleurs délais, après les prochaines élections locales.’’  Le remue-ménage qui a précédé cette réunion et les différents épanchements des cadres ont donné l’impression qu’il s’agissait d’un simple malaise, d’une poussée de fièvre pour permettre au Pdci-Rda de s’adapter aux nouvelles réalités et se lancer à la reconquête du pouvoir. Mais la récurrence des divergences démontre qu’il s’agit d’une véritable crise. Certains n’hésitent à franchir le pas. Il y a une crise de confiance entre le président de ce parti, Henri Konan Bédié, et ses collaborateurs. Ils en veulent pour preuve la récente guéguerre entre les membres du conseil politique et lui. Les membres du conseil politique conduit par Lambert Amon Tanoh ont ouvertement protesté contre leur mise à l’écart de la réunion du Bureau politique du 02 juin qualifiée de capitale pour la bonne marche de ce parti.  La crise actuelle est née de la décision n° 2012/P.Pdci-Rda du 12 juillet 2012 du président du Pdci-Rda de mettre sur pied un comité ad hoc de 46 membres chargé, comme l’indique l’article 1, ‘’de la préparation du XIIème congrès ordinaire’’ de ce parti.  Décision suspecte, selon certains cadres. 

Débat contradictoire au sein du comité de direction

Pour eux, ‘’il y a quelque chose de pas très claire dans la composition de cette équipe’’. Alors qu’il est resté longtemps rétif à la tenue d’un congrès, Henri Konan Bédié décide de la création d’un comité dont le choix des membres s’est fait sur des critères connus de lui seul. Conséquence, l’équipe constituée ne fait pas l’unanimité. Des militants l’ont fait savoir de manière bruyante, lors de la rencontre du comité de direction, le lundi 16 juillet, et pendant la réunion du secrétariat général du mercredi 18 juillet. A la rencontre du comité de direction, le secrétaire général du Pdci-Rda, Alphonse Djédjé Mady, a révélé qu’il n’a été ni consulté, ni informé. C’est d’ailleurs le plus grand reproche des cadres de ce parti. Ils estiment que le Pdci étant un parti de dialogue, tout doit se faire de façon consensuelle, même si la décision appartient au président, lequel a été investi par le congrès. Pour les plus anciens du parti, qui se réfèrent aux pratiques en cours sous Félix Houphouët-Boigny, c’est le secrétaire général et ses collaborateurs qui proposent au président le comité d’organisation. Celui-ci l’approuve, bien souvent, après quelques amendements. Selon ces anciens, le parti a toujours fonctionné ainsi. Et c’est peut-être pour avoir admis ce vice de procédure établi depuis plus de 30 ans qu’Henri Konan Bédié a demandé à son porte-parole, Niamkey Koffi, le mercredi 19 juillet, de justifier la composition de l’équipe de 46 membres. 

La justification du porte-parole du président du Pdci

‘’Le président du parti tient à rappeler que cette commission placée sous son autorité, constitue un groupe de travail qu’il s’est donné pour servir de force de propositions. Naturellement, elle ne saurait se substituer aux organes statutaires du parti bien qu’elle s’inscrive dans la nouvelle de l’innovation de nos méthodes de gestion du parti, telle que souhaitée par le Bureau politique du 2 juin 2012. La décision du président Bédié sacrifie également à la stratégie de la division du travail pour accroître l’efficacité du parti qui est confronté, dans cette conjoncture de compétition politique, à l’obligation de réussir les élections locales et législatives partielles qui s’annoncent. Dès lors, la création de la commission chargée de la préparation du XIIème congrès ordinaire vient alléger la tâche du secrétaire général en lui laissant le temps de se consacrer pleinement à la gestion du parti au quotidien’’, a-t-il affirmé, dans sa déclaration, en vue d’arrondir les angles. Mais pour les contestataires, l’organisation du congrès et des élections locales font partie de la gestion du parti. Cette justification, selon des observateurs, est la preuve que le malaise est profond. Selon eux, pour le comprendre, il faudrait remonter en 2002, au dernier congrès du parti sexagénaire. A les en croire, depuis la désignation du secrétaire général à cette grand’messe du Pdci-Rda, un climat de méfiance s’est installé. Ils expliquent qu’Alphonse Djédjé Mady était le choix d’anciens barons de ce parti. Ceux qui ont accusé Henri Konan Bédié de vouloir remplacer le Pdci-Rda par le Club national Bédié (Cnb). Ainsi donc s’est installé un climat de suspicion. Pour appuyer leur argumentaire, ils ont évoqué l’épisode ‘’Mady soutien son frère Gbagbo’’. Cette phrase, en effet, a été souvent entendue dans certains cercles du parti. 

Chacun joue son destin 

A la vérité, disent nos sources, les camps en présence jouent leur destin. Henri Konan Bédié qui veut rester maître du jeu et garantir une stabilité au parti manœuvre pour se maintenir ou, à défaut, proposer quelqu’un de très proche. En face, il y a ceux qui pensent qu’il est l’heure de tourner la page. Cette tendance gagne du terrain dans le vieux parti. Le Pdci-Rda est traversé par des courants contraires, signe qu’il est à la croisée des chemins. C’est son rôle de formation leader du microcosme politique ivoirien qui est en jeu.   
      
ETIENNE ABOUA